01 08Écartez une panne limitée à votre réseau

Guides · Site internet · Panne

Mon site internet ne fonctionne plus : que vérifier en 10 minutes ?

Testez le site depuis un autre réseau, relevez le message exact et vérifiez le domaine et le certificat. Ces contrôles suffisent souvent à savoir qui doit intervenir.

Par 11 min de lecturePublié le

La réponse en bref

Commencez par ouvrir le site depuis un téléphone connecté en 4G ou 5G, avec le Wi-Fi coupé. S’il fonctionne, la panne vient probablement de votre réseau, de votre appareil ou de son cache. S’il reste inaccessible, notez l’adresse testée et le message exact affiché.

Un numéro comme 403, 404, 500, 502 ou 503 signifie qu’un serveur a répondu. Le problème se situe alors le plus souvent dans le site, sa configuration ou son hébergement. Un message comme « adresse introuvable », « délai de connexion dépassé » ou « connexion refusée » indique que la demande s’arrête plus tôt : nom de domaine, réglage DNS, réseau ou serveur indisponible.

Vérifiez ensuite la date du nom de domaine et celle du certificat de sécurité. Ne réinstallez rien au hasard. Transmettez à l’hébergeur ou au prestataire le message exact, l’heure du constat, le résultat du test sur un autre réseau et les dernières modifications connues.

Première vérification

Écartez une panne limitée à votre réseau

Ouvrez le site depuis un téléphone en 4G ou 5G, Wi-Fi coupé, puis depuis un second navigateur. S’il fonctionne dans l’un de ces tests, ne touchez pas au site : redémarrez d’abord le routeur, vérifiez l’heure de l’appareil et videz uniquement le cache du navigateur concerné.

Si le site reste inaccessible depuis plusieurs réseaux, recopiez le message exact. Un code numérique prouve qu’un serveur a répondu. Un message sans code peut signaler un domaine, un réglage DNS, un certificat, un réseau ou un serveur indisponible. Le tableau suivant permet de choisir la piste à vérifier.

Avec le message exact

Trouvez le bon interlocuteur

Le message affiché ne donne pas toujours la cause exacte, mais il indique où la chercher et qui peut agir. Une page de domaine parqué, par exemple, montre qu’un serveur répond bien — simplement, ce n’est plus celui qui héberge votre site.

Trouvez le bon interlocuteur.
Ce que vous voyezLe serveur a répondu ?Cause la plus probableQui corrige
500 — Erreur interne du serveurOuiErreur du code du site : extension incompatible, fichier de configuration ou règle de réécriture invalideLe prestataire
502 — Bad GatewayOui, un serveur intermédiaireLe serveur applicatif derrière est arrêtéL’hébergeur en mutualisé, le prestataire ailleurs
503 — Service UnavailableOuiMaintenance déclarée, ou limite de l’offre d’hébergement atteinteL’hébergeur ou le prestataire
403 — ForbiddenOuiDroits de fichiers, pare-feu applicatif qui bloque le visiteurL’hébergeur ou le prestataire
404 sur toutes les pages, sauf l’accueilOuiRègles de réécriture perdues (cas fréquent sous WordPress)Le prestataire
Page « domaine parqué » ou page par défaut de l’hébergeurOui, mais ce n’est pas votre siteLe domaine ne pointe plus vers votre hébergementL’hébergeur et le bureau d’enregistrement
Page « compte suspendu »OuiImpayé, dépassement de ressources, contenu signaléL’hébergeur, et lui seul
« Adresse introuvable »NonLe nom de domaine n’existe plus dans le DNSLe bureau d’enregistrement
« Délai de connexion dépassé »NonLe domaine renvoie vers une adresse, mais rien n’y répondL’hébergeur
« Connexion refusée »NonLa machine répond mais ferme la porte, ou est en surchargeL’hébergeur
« Votre connexion n’est pas privée »Oui, mais bloqué avant l’affichageCertificat expiré, ou horloge de votre propre ordinateurVérifier d’abord l’heure de l’appareil, puis le certificat
Voir le détail technique : tester HTTP, DNS et le certificat

Tester la réponse HTTP

Remplacez example.fr par le domaine concerné :

curl -I --max-time 10 https://example.fr

Relevez le code de statut, la ligne « server », les éventuelles redirections et le temps avant l’erreur. Refaites le test en visant http:// pour savoir si la redirection vers HTTPS fonctionne. N’utilisez pas l’option qui ignore les erreurs de certificat pour conclure que le site est accessible aux visiteurs.

Vérifier le DNS

dig +short A example.fr
dig +short AAAA example.fr
dig +short NS example.fr

Une absence de réponse A et AAAA explique qu’aucune adresse ne soit trouvée. Comparez ensuite la réponse du résolveur habituel avec un résolveur public. Si elles diffèrent juste après un changement, relevez la durée de cache (TTL) avant de modifier de nouveau la zone.

Ce que vous changez, et ce que ça prend vraiment.
Ce que vous changezDélai observé ou maximal selon le cas
Serveurs de noms d’un .fr1 heure
Serveurs de noms d’un .com48 heures
Un nom qui vient d’être supprimé (réponse « n’existe pas »)10 à 15 minutes

Pour un .fr, ouvrez :

https://rdap.nic.fr/domain/example.fr

Les champs utiles sont le bureau d’enregistrement, les statuts, les serveurs de noms et les événements datés. Une période de récupération doit conduire à contacter immédiatement le bureau d’enregistrement d’origine.

Lire le certificat présenté par le serveur

openssl s_client -connect example.fr:443 -servername example.fr </dev/null 2>/dev/null \
  | openssl x509 -noout -subject -issuer -dates

Vérifiez que le nom demandé figure bien dans le certificat, que la date de fin n’est pas dépassée et que le serveur présente la chaîne attendue. Un certificat valide en fichier mais absent de la configuration du serveur ne corrige pas l’alerte du navigateur.

Vérifier WordPress sans aggraver la panne

Avant de désactiver une extension, conservez les fichiers et la base. Consultez le courriel du compte administrateur et les journaux PHP. Vérifiez ensuite, dans cet ordre, une mise à jour interrompue, l’extension ou le thème cité dans l’erreur, la connexion à la base et les règles de réécriture. Ne cumulez pas plusieurs modifications avant un nouveau test : sinon, la cause devient impossible à isoler.

Si votre site utilise WordPress

Reconnaissez les trois erreurs courantes de WordPress

WordPress affiche lui-même certains messages. Ils ne prouvent pas une panne générale de l’hébergement : ils orientent vers la base de données, une extension, un thème ou une mise à jour interrompue.

Ce que WordPress affiche, et pourquoi.
Page affichéeDéclencheur
« Erreur lors de la connexion à la base de données »Identifiants erronés, base de données arrêtée ou saturée, ou site compromis
« Il y a eu une erreur critique sur ce site »Une erreur fatale du code, le plus souvent une extension ou un thème incompatible
« Indisponibilité temporaire pour cause de maintenance »Le fichier technique qu’une mise à jour laisse pendant son exécution

Après une erreur critique, ouvrez la boîte mail associée au compte administrateur. Depuis WordPress 5.2, un message peut contenir un lien vers le mode de récupération et indiquer l’extension ou le thème à l’origine de l’erreur.

La page de maintenance normale cesse d’être prise en compte après environ dix minutes. Si le site reste inaccessible au-delà, relevez le message exact et cherchez une autre cause au lieu d’attendre davantage.

À ne pas faire

  • Supprimer des extensions au hasard avant d’avoir conservé une sauvegarde et lu le message exact
  • Ignorer la boîte mail du compte administrateur après une erreur critique
  • Attendre indéfiniment qu’une page de maintenance disparaisse seule
Si l’adresse est introuvable

Vérifiez le renouvellement du nom de domaine

Pour un domaine en .fr, la date d’expiration n’entraîne pas à elle seule une coupure immédiate. En pratique, le site devient inaccessible lorsque l’entreprise qui gère le domaine demande sa suppression, souvent après une facture de renouvellement impayée. Cette entreprise est votre bureau d’enregistrement ; ce n’est pas l’AFNIC qui coupe le site.

Après la demande de suppression d’un .fr, le domaine reste récupérable pendant 30 jours auprès du même bureau d’enregistrement. Pour un .com ou un .net, le calendrier comporte une période de grâce, une période de récupération puis une suppression. Dans tous les cas, contactez sans attendre le bureau d’enregistrement indiqué dans l’annuaire du domaine.

Si vous ne savez plus qui gère le domaine, utilisez l’outil public de l’AFNIC pour un .fr ou un service RDAP pour les autres extensions. Relevez le nom du bureau d’enregistrement, le statut du domaine et sa date d’expiration. La lecture détaillée de la réponse technique figure dans le volet ci-dessus.

Si le navigateur bloque la connexion

Vérifiez l’horloge puis le certificat

Commencez par vérifier la date, l’heure et le fuseau horaire de l’appareil. Une horloge incorrecte peut produire la même alerte qu’un certificat expiré. Testez ensuite depuis un second appareil. Si l’alerte reste présente, le certificat du site doit être contrôlé et renouvelé.

Depuis le 15 mars 2026, un certificat public ne peut plus être valide pendant plus de 200 jours. Cette durée passera à 100 jours en mars 2027, puis à 47 jours en mars 2029. Un renouvellement annuel effectué à la main ne suffit donc plus : le renouvellement doit être automatique et surveillé.

Après un changement de domaine ou d’hébergement

Comprenez pourquoi l’ancienne adresse reste visible

Après une modification DNS, certains réseaux continuent temporairement d’utiliser l’ancienne réponse enregistrée dans leur cache. La nouvelle valeur est déjà publiée à la source ; il faut attendre que chaque cache arrive à la fin de sa durée de validité et la redemande.

Le délai dépend donc du réglage modifié et de sa durée de cache. Les « 24 à 48 heures » souvent annoncées ne s’appliquent pas à tous les changements. Un test depuis plusieurs réseaux et un outil de contrôle DNS permettent de distinguer un cache encore valide d’une configuration incorrecte.

Avant de contacter le support

Envoyez un diagnostic précis à l’hébergeur

Relevez l’adresse exacte, le code ou le message complet, l’heure du constat, le résultat du test depuis un autre réseau, la dernière modification connue, le statut du domaine et la date du certificat. Joignez une capture d’écran sans masquer le message.

Depuis [heure et fuseau], l’adresse [URL] affiche « [message exact] ». Le même résultat apparaît depuis [autre réseau/appareil]. La dernière modification connue est [modification ou « aucune »]. Le domaine est enregistré chez [bureau d’enregistrement] et expire le [date]. Le certificat expire le [date]. Pouvez-vous confirmer si le serveur reçoit la requête et indiquer l’erreur relevée dans vos journaux à cette heure ?
Si des signes de piratage apparaissent

Passez du diagnostic de panne à la procédure d’incident

Des fichiers inconnus, de nouveaux comptes, des redirections ou des courriels envoyés sans action de votre part indiquent autre chose qu’une panne. Ne nettoyez pas le site immédiatement : conservez d’abord les preuves, coupez l’accès public et suivez la procédure des 72 premières heures après un piratage.

Ce qu’il faut demander à votre prestataire

  1. Quel code ou quelle erreur vos journaux montrent-ils à l’heure exacte de la panne ?

    Un code, un extrait horodaté et le service qui l’a produit.

  2. Le serveur, la base de données et le nom de domaine sont-ils tous actifs et renouvelés ?

    Un statut et une date pour chacun des trois éléments, pas une réponse globale sur « le site ».

  3. Le certificat se renouvelle-t-il automatiquement, et quelle alerte est envoyée si ce renouvellement échoue ?

    Le mécanisme de renouvellement, la prochaine échéance et le destinataire de l’alerte.

  4. Quelle surveillance détecte une indisponibilité, qui reçoit l’alerte et après combien de minutes ?

    Le nom de l’outil, la fréquence du contrôle, le seuil de déclenchement et une personne responsable.

  5. Quel délai maximal de rétablissement est écrit dans notre contrat ?

    Un nombre d’heures ou de jours figurant au contrat, avec les exclusions éventuelles.

Les sources